Panégyrique

Panégyrique




Tu commencerais par une tendre caresse innocente. Au creux de ma nuque, à la naissance de mes seins. La douceur lancinante de tes doigts éveillerait brutalement mes sens. Tes mains ne vont pas arrêter leur course fébrile maintenant. Tu as fait surgir ce désir qui sourd à présent. La houle de la vague ne me permet plus que de respirer. J'ai arrêté de penser. Je suis tienne.


Viens, mon Amour, moule toi aux vallées de mon corps. Donne moi ta chaleur enveloppante que je la sente m'irriguer du creux des reins à la racine des cheveux dans un frisson exalté. Tes mains me caressent lentement. Tu prends tout ton temps. Tu sais que tu me mets dans un état de transe. Parfois tu me dis émerveillé que je suis belle. Ta voix est étouffée de désir. Ta lenteur virtuose ne me laisse aucun répit. La tension me rend plus haletante encore lorsque tu t'attardes sur mes seins ou que ta main joueuse m'affole entre mes cuisses. Tes doigts me font comme des brûlures à leur passage. Une chaleur m'inonde. Tu veux me goûter toute entière. Je choisis l'abandon. Tu as fait capituler les ultimes tressaillements de la mainmise que j'ai pu avoir sur moi. Toi, ta langue, ta bouche, tes mains dictent le rythme. Imprévisible. Le désir devient paroxystique à l'extrême, ma peau est à l'affût du moindre de tes gestes.


Viens, mon Amour, il est temps que tu cesses d'être séparée de moi. J'ai besoin de sentir ta force qui va provoquer l'explosion. Tu reprends ta longueur taquine. Embrasse-moi. Tu fais partie de moi à présent, tu es en sécurité. Tu me transperces et la déflagration résonne jusqu'à ma tête. Une onde de volupté. Elle suit la cadence de ton bassin. C'est devenu impossible de résister. Je suis dans l'harmonie de ces instants paisibles. Ta vibrante mélodie tout en douceur à laquelle je fais écho. Je t'entends gémir et tu me prends par surprise. Coup de tambour impromptu et délicieux sur la partition. Tu me fais signer ma reddition. Tu m'as toute à toi et je suis inconsciente de désir. Cette digression m'a fait chavirer et je ne demande que la beauté de ce voyage à nouveau. Je suis aux prises avec mon impatience et tu sais que c'est un supplice. Tu me regardes. Tu es amoureux. Et la lueur amusée se plait à me dire que tu aimes me faire abdiquer. Tu jubiles de me tenir en haleine de tes coups de rein. Tu me les offres à ta guise.


Viens, mon Amour, traverse la fin du chemin et contemple. Crie avec moi devant la splendeur du monde où nous somme parvenus. Je jouis dans tes bras. Tu me sens te serrer dans l'avalanche. Le plaisir me fait perdre pied. J'entends nos souffles sporadiques chuchoter le récit de cette odyssée. Tes bras m'enlacent alors que tu me sens trembler . Je suis hagarde. J'irradie d'un bonheur simple et cru. Ma cambrure s'accentue sous le ressac de la jouissance. Je ploye sous la lame qui me cisèle, me pousse dans mes derniers retranchements avant de m'achever dans un râle suppliant. La tornade s'adoucit. Tu te sépares délicatement. Mes derniers soubresauts sont au parfum de ton empreinte.


Viens, mon Amour, laisse déferler en toi l'exultation. Les volutes lascives de nos ébats nous submergent. Elles se ramifient en nous pour notre union. Tu m'as abreuvée de ta convoitise, de ton odeur, de ta peau, de ton sexe, de ta bouche. J'ai défailli de ton amour sincère. Tu t'es abandonné à mes "je t'aime" d'une voix rendue rauque par l'émotion. Ta tête s'est nichée contre mon sein. Tu es contre moi. Je sens l'affolement de ton c½ur se muer en un cycle régulier. Nous nous sommes retirés de la course de la vie pour troublant aparté. Rien ne presse, nous avons tout notre temps.


Viens mon Amour, enivre toi. Gorge toi de nos aventures sur l'arrondi de mon ventre. Les péripéties de nos chairs ont assouvi notre esprit de la certitude de notre unisson. Cette plénitude m'engourdit d'une chape de plumes. Tu es assommé de plaisir. Je sens ta main faire frissonner mon dos dans une caresse apaisante. Ma langue a la saveur de ta peau satinée et mes doigts en ressentent encore le velouté. Je t'ai dévoré de mes mains . Je t'ai savouré de mes lèvres. Ta main enserre paisiblement mon sein.


Viens, mon Amour, nous arpentons le bon chemin. Tu sais tout comme moi que cette extase ne sera pas entachée de la crainte d'être éphémère. A notre gré nous repartirons.
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# Posté le jeudi 15 octobre 2009 04:39

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 06:59

Oraison Funèbre

Oraison Funèbre






Tel une comète salvatrice dans la galaxie de l'industrie musicale, il fut un instant iodé de vagues bleues pétrole...





# Posté le vendredi 20 mars 2009 14:36

Modifié le dimanche 22 mars 2009 20:00

Intermède de la néréïde

Intermède de la néréïde


Ma langue et mes doigts sont omniprésent tu pourras peut être en témoigner.
Mon attirance pour toi est réelle et je ne cherche pas à la comprendre.
Je rendrais notre rencontre possible sans aucune difficulté si tu le veux.
Si j'ai ton signal si génial je deviendrais alors
un amant aimant magnifiquement magnétique
Sous ta fontaine de désirs et de fantaisies,
la belle ombre d'un bel homme couvert d'ambre.
Tes mots et ta langue forge une honnêteté que je tiens à respecter, je ne sais pas bien pourquoi.
Sans m'abîmer dans un autre corps à corps, je constate une nouvelle fois qu'il est difficile d'être satisfait. Deux corps qui se mêlent mais l'explosion est absente, et l'entité reste entière. J'ai depuis longtemps cessé de chercher puisque je n'ai nécessité de rien. L'expectative engendre l'oubli.
Et pourtant, un élan intérieur commence à ressentir une sorte de frustration. J'ai cette impression d'être scindée en plusieurs parties, que rien ne relie.
Si tu fais l'amour comme tu manies les mots, je ne souhaite que cette fusion
Il n'y a rien à comprendre, puisqu'il n'y a rien à perdre.
Tu parais être le Chevalier Servant qu'espérerait toute femme qui entrelacerait les mots et l'amour.
Pourtant, je n'ai ni ton expérience due à l'âge, ni ton vécu, et néanmoins je pose des exigences. Ni de temps à perdre, ni de mains sur mon corps que je ne désire pas réellement.
Lasse de cette impatience si singulière de tant d'hommes. Je ne veux que cette lenteur paisible qui enflamme.
Tu disposes du temps que tu souhaites en semaine. Les jours de quiétude sont réservés et inviolables.
La naïade qui dans l'eau se fond, la callipyge qui perçoit le glissement du liquide sur sa peau. Un frisson de froid, mais nue dans la transparence.
Vient le doux amant porteur d'espoir, qu'elle ne veut pas voir trahit
Puisque pour une fois, elle se prend à la faiblesse de l'attente
Lui offrira-t-il une renaissance constitutive d'un oubli tant convoité...
Tu n'as nécessité de rien ? Vraiment ?
La nécessité n'est face à l'envie qu'une déesse sans bras.
Ton envie semble belle et grande autant que ton vice.
Et j'avoue que c'est la partie d'une femme que je préfère.
Je ne comprends pas comment une femme comme toi peut
ne pas éveiller le désir de la recherche.
Mon corps efficace les filles casse et éreinte leurs reins car de ma douleur je l'ai forgé ainsi.
Mais ce n'est que l'instrument qui sert ma volonté et ma volonté sert mon désir.
Mon désir naît de tes paroles et se posent sur ton image.
Je ne crois pas à mon exception, je crois en ma volonté et en mon envie et en mon envie d'avoir envie.
Voir un visage se crisper de plaisir, sentir mes actions submerger une femme qui m'inspire
Sentir son corps en demande se tordre se plier sous des caresses lentes et habiles. C'est ça que je recherche. Je suis conçu pour ça. Dépasser les limites, le plaisir excessif, puis le calme pour un instant. Tout cela est bien trop précieux pour ne pas l'obtenir pour ne pas le vivre, le faire vivre à l'autre et le vivre ensemble. Mon expérience vaut bien la tienne, elle ne me sert qu'à apprécier ce que tu sembles être.
Une femme est aussi unique que chaque moment passé avec elle. Et chaque rencontre est un apprentissage et un renouveau total.
Je n'ai jamais rien su, je ne sais rien et je ne saurais jamais rien, à par apprendre.
Je n'ai peur de rien car il n'y a rien à craindre, et j'ai envie d'apprendre comment faire fondre la pierre d'ambre.
La nécessité est la béquille de l'avancée
Au delà de ce manque abyssal arrive le moment où l'on apprend à désirer
Sans pour autant explorer les méandres de la frustration
Souhaiter ce qu'on peut obtenir sans craindre la continence qui va de pair avec le non.
L'élégie m'a quittée par un choc inopiné
Tu as pris un risque, toutefois à chaque péril il y a le coût à payer
Prends garde à toi mais peut être est-ce que tu désires
Troubler l'ondine d'un jeu subtil et sagace
Libre à toi de folâtrer et de laisser ta trace
Avec tant de clairvoyance, je perçois ma requête de transe
D'une acuité implacable, j'éprouve l'inéluctabilité du laie
Qui du tourment va me conduire à la succulente paix
Du corps alangui à l'âme d'une quiétude divine
L'exception est innée, tu n'es ressemblant à aucun autre
Et personne ne m'est semblable dans mes qualités et dans mes fautes
Pourtant nous admettons notre ignorance totale et notre constante initiation
Et ceci ne répond toujours pas à ma question

# Posté le jeudi 20 novembre 2008 08:30

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 04:48

Joute verbale et corporelle - Interlude de la calligype

Joute verbale et corporelle - Interlude de la calligype


Mais si mon c½ur est de bonheur rempli
Par l'inspiration que je crée pour un jeune homme à la poésie
Je cède ce soir sous l'impulsion de l'angoisse
Qui gère ma vie telle une poisse
Et je ne désire ardemment qu'un calme torride
Ou les sens par l'homme envoutés se débrident.
Jouer avec les mots est un moment contentant
Cependant vient le désir irrépressible d'être prise totalement
Dans une lenteur affolante, d'un homme caressant
Percevoir chaque parcelle de mon être dans les frissons d'un volcan
Capituler devant un désir terrifiant où je ne crains de m'égarer
Dans les bras d'un amant dont j'ai une confiance innée
Et jouir enfin, après des heures d'un pugilat érotique
Il n'y a pas de vainqueur mais deux amoureux d'une volupté extatique
Jeu du chat et de la souris
Deux corps qui se cherchent, deux amants qui se trouvent.
Dans une chambre aux couleurs chaudes, à la douce lumière
La panthère réclame qu'on l'appréhende, par un homme aux gestes tendres
De ces yeux mi clos, elle regarde ses mains parcourir sa peau
Sa langue, ses doigts qui explorent des reliefs inconnus
Sur ses hanches, son ventre, ses seins devenu par l'attente pointus
Sa bouche qui remonte le tracé de sa nuque tendue
Ses lèvres au creux de l'oreille murmurent des mots langoureux et crus
Avant d'offrir à son tour son doigté, elle se laisse pénétrée d'une vigueur attendue quoique insoupçonnée
Mais, tu peux jouer de l'effet fou que font les feux, que tu m'allumais
Je préfèrerais tes cris à tes écrits,
parcourir d'autres lignes.
Entendre ce que personne ne dit,
Quand la noire colombe donne un signe.
Tes sens seront mon essence.
Pour jouer à nos jeux à genoux.
Mes limites imitent le mythe.
Sois de nouveau, ce que je reçois !
A l 'époque de l'innocence des sens
Déjà en recherche d'une perfection impossible
A me perdre dans des choix imprescriptibles
Attendre cette sérénité salutaire
Dans une quête aussi désespérée que les moulins de Don Quichotte brassent de l'air
Tes mots réveillent un instinct endormi que je souhaiterais assouvi
Un grain de peau qui ne saurait tarir une désir renouvelé constamment
Le tien particulièrement, accompagner l'acte de mots suaves et plaisants.
Restons ainsi dans ce mystère ensorcelant.
Juste s'unir dans nos mots et dans nos corps.
Être les amants éternels d'un apostat total de nos précédentes convictions
Revenir à l'essentiel, passer des mots aux ébats de nos joutes circonstancielles.
Lancinante question du pourquoi, quand ce que l'on convoite est à une effroyable distance
Que cela pourrait être si simple, de se voir là dans un assourdissant silence
Libérer les mots peu à peu, le souffle saccadé par le plaisir envié
Je ne te demanderai jamais rien que tu ne puisses me donner.
Ça n'a pas de fin, et la mienne est insatiable.
Mon don sera le tiens
Je serai doux et doué.
Pour te tordre du plaisir que tu m'as déjà donné...
Toi et moi nous savons parfaitement qu'il n'est pas besoin de s'inquiéter
Nous ne demandons que savourer à satiété
Tu sais que nos attentes et nos gestes s'accordent dans une délicate harmonie
Tu pourrais me prendre ici et maintenant, je ne saurais un refus t'opposer
Tant de désir mon ventre est déchiré
L'envie est dépassée, j'atteins le stade du besoin, de ton touché soyeux
Sans sombrer dans un romantisme dépassé, dans tes yeux emplis de désir me noyer
Ce soir je vais retrouver les draps d'une chaleur réconfortante
Peut être après un amant aux qualités d'avance décevantes
Attendant l'homme qui me rejoint souvent et celui que j'attends à présent
Ne pourrais je demander plus que de profiter de ces rencontres fortuites
Deux hommes pour une femme à la sensualité exacerbée
En quête de respect et de profondeur exaltée
J'aimerais réduire cette distance néfaste, pour m'allonger à tes cotés, pantelante de ton désir brûlant.

# Posté le mercredi 19 novembre 2008 16:18

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 04:49

Interlude saugrenu

Interlude saugrenu


Chers lecteurs,

En bon français de pure souche ou non, il y a une probabilité non négligeable que vous connaissiez Martine, héroïne de générations de fillettes éduquées dans l'art de devenir ce pour quoi elles ont soi disant été créées, dixit les chantres de la domination masculine, c'est à dire, devenir une bonne épouse et une bonne mère.
En dehors de toute considération d'épanouissement de soi, chose impensable pour les tenants du sacrificiel féminin, Martine se veut en quelque sorte un manuel d'éducation ad hoc pour ces femmes en herbe.
Néanmoins, en dépit du fait que Martine soit quelque peu historiquement daté, il aurait été dommage d'abandonner cette idée motrice et forte de l'inculcation, quelque soit son domaine.
Voici donc Martine, revisitée aux bons soins de notre époque moderne.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 06:36